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Le CasioNaut plonge avant la ruée des collectionneurs

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Avant la ruée des collectionneurs, Hodinkee plonge le CasioNaut dans l'eau pour révéler son étonnant paradoxe.

Le CasioNaut plonge avant la ruée des collectionneurs

Une eau trouble, verdâtre, qui laisse deviner la pierre d'un canal plus qu'elle ne la révèle. Un poignet immergé jusqu'à l'avant-bras, couvert de gouttes qui perlent encore sur la peau. Et ce boîtier noir, octogonal, qui refuse de se laisser noyer par le flou ambiant. Le cadran, lui, reste net. C'est tout le paradoxe du G-Shock 2500, cette montre que les passionnés d'horlogerie ont rebaptisée « CasioNaut » avant même que Casio n'ait eu le temps de s'en féliciter.

Le surnom n'est pas anodin. Il dit quelque chose de l'ambition du modèle : une silhouette qui lorgne du côté des codes du luxe sportif, avec sa lunette à pans coupés et ses vis apparentes qui rappellent, sans jamais les copier, les grammaires visuelles de certaines manufactures suisses très courues. Sauf qu'ici, le matériau reste la résine, les boutons s'appellent ADJUST, LIGHT, MODE et START, et la mention « PROTECTION » s'inscrit en lettres moulées sur le boîtier plutôt que gravée dans l'acier. Un objet hybride, donc, qui joue sur deux tableaux à la fois : celui du jouet increvable que l'on porte à la piscine, et celui du clin d'œil assumé à une esthétique plus sophistiquée.

C'est cette ambiguïté qui a retenu l'attention de Hodinkee. Le média américain, référence incontournable pour quiconque s'intéresse sérieusement à l'horlogerie, a choisi de ne pas attendre que le phénomène s'essouffle ou que les communautés en ligne aient fini de s'écharper sur la pertinence du design. Il a préféré le tester en conditions réelles, immergé, porté au quotidien, soumis à l'épreuve de l'eau et du mouvement, avant que la vague d'avis enthousiastes ne vienne brouiller le jugement. Un geste éditorial qui a du sens : donner un avis d'expert au moment précis où l'objet bascule du statut de curiosité à celui de phénomène.

Sous la surface, le cadran tricompteur affiche ses échelles graduées (20, 60) avec une lisibilité qui tranche sur le flou aquatique environnant. La fenêtre de date égrène ses chiffres (17, 18, 19) dans un coin du boîtier, discrète, presque négligée face à l'architecture générale du dial. Et cette mention « WATER RESIST » gravée près du centre prend ici tout son sens : ce n'est pas une promesse marketing, c'est une affirmation que l'eau elle-même vient confirmer, image à l'appui.

Ce qui se joue dans ce test, au fond, dépasse la simple montre à quartz vendue à prix accessible. C'est la question de ce que devient le désir horloger quand il n'a plus besoin d'un mouvement mécanique ni d'un prix à quatre chiffres pour exister. Le CasioNaut n'imite rien, il réinterprète, et c'est peut-être pour ça que les passionnés s'y attachent avant même d'en avoir fini le tour. Reste à savoir combien de temps un surnom culte résiste à son propre succès. Sous l'eau, en tout cas, les aiguilles continuent d'avancer, imperturbables.

Photo : WELCHEUHR / Unsplash

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