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Versailles rallume les lustres pour sa nuit la plus courue

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Le 30 novembre, Versailles rouvre ses salons dorés au Bal du Siècle, rendez-vous mondain le plus couru de la saison.

Versailles rallume les lustres pour sa nuit la plus courue

Le 30 novembre, le parquet du Château de Versailles retrouvera le crissement feutré des escarpins et le froissement des robes longues. Pour la quatrième fois, le Bal du Siècle rouvre sa piste de danse au cœur du château, et Infrarouge, qui orchestre l'événement, vient de confirmer la date. De quoi permettre à son public de s'organiser avant que les places ne s'évaporent, car ce rendez-vous compte déjà parmi les soirées mondaines les plus courues de la saison parisienne.

Trois éditions ont suffi à installer le bal dans le calendrier de ceux qui préfèrent la valse au cocktail debout, le marbre doré aux lofts éphémères. On y vient pour danser, certes, mais aussi pour l'adresse elle même : peu de lieux au monde portent ce mélange d'apparat royal et d'abandon contemporain comme le fait Versailles, un soir de bal.

Le principe tient en une idée simple, et c'est justement sa simplicité qui fait sa force : ouvrir, le temps d'une nuit, un espace habituellement réservé aux visites guidées et aux groupes scolaires, et le transformer en salle de bal. La piste se love entre dorures, colonnes de marbre et lustres de cristal, dans un décor que peu d'institutions patrimoniales osent prêter à la fête. Chaque édition affine un peu plus cette alchimie entre protocole et liberté, entre histoire figée et corps en mouvement.

Ce qui distingue le Bal du Siècle d'une simple soirée privée, c'est cette tension assumée entre le poids du lieu et l'insouciance qu'on y invite. On entre en robe de soirée dans des salons qui ont vu passer trois siècles de cour, et ce contraste, loin de paraître anachronique, donne au bal une épaisseur que n'ont pas les soirées hors sol. Versailles n'y perd rien de sa superbe. Il gagne, l'espace d'une nuit, une allure qu'on ne lui prête pas toujours.

La billetterie n'a pas encore ouvert à l'heure où ces lignes s'écrivent. Mais le statut acquis par les précédentes éditions suffit à deviner l'empressement qui suivra l'annonce officielle des places. Noter la date dans l'agenda relève moins du réflexe mondain que du calcul : pour qui veut danser sous ces plafonds le 30 novembre, un mois d'avance ne sera sans doute pas de trop.

Reste à savoir ce que cette quatrième édition réservera en matière de scénographie ou de thème de soirée. Infrarouge n'a pour l'instant communiqué que l'essentiel, la date, et laisse le reste suspendu, comme un carton d'invitation qu'on devine avant de l'ouvrir. En attendant, quelque part sous les ors du château, les jardins se couvriront bientôt de givre, pendant qu'à l'intérieur, pour une nuit, Versailles acceptera de danser.

Photo : Jessica Kantak Bailey / Unsplash

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