Souscrivez maintenant pour un accès ininterrompu. Découvrez le contexte derrière chaque histoire pour 1,99 € par mois.

À Florence, Buccellati lève le voile sur un siècle d'orfèvrerie

MODE

Photo de l'auteur

Florence accueille Buccellati et un siècle d'orfèvrerie jamais exposé, via Tornabuoni.

À Florence, Buccellati lève le voile sur un siècle d'orfèvrerie

Aux poignets, l'or s'empile par vagues, un bracelet ouvragé contre un autre plus lisse, une bague noire sertie qui attrape la lumière verte du décor. Les mains se referment sur une tige fuchsia comme on protégerait quelque chose de précieux. C'est à peu près le geste que Florence s'apprête à accueillir ce mercredi, celui d'une maison qui referme enfin ses vitrines sur un siècle de métal travaillé.

Buccellati inaugure une boutique-exposition via Tornabuoni, au cœur du quartier qui a vu naître son histoire bien avant que la rue ne devienne le théâtre du luxe florentin qu'elle est aujourd'hui. L'adresse n'est pas choisie par hasard : c'est là, dans cette ville, que Mario Buccellati a posé les bases d'un vocabulaire joaillier reconnaissable entre tous, fait de textures ciselées à la main plutôt que de pierres criardes. La maison a toujours préféré faire chanter l'or lui-même, en jouant sur ses finitions, son grain, sa matité, plutôt que de le couvrir.

Ce qui distingue cette ouverture d'un simple point de vente supplémentaire, c'est la rétrospective qui l'accompagne : des pièces jamais exposées jusqu'ici sortent des réserves de la maison pour être montrées au public, dans un parcours pensé comme une plongée dans l'archive plutôt que comme une vitrine commerciale. On y devine, à travers les descriptions encore parcellaires qui circulent, des bijoux où se reconnaît le vocabulaire Buccellati : le rigato qui strie l'or de fines lignes parallèles, le tulle qui l'ajoure comme une dentelle métallique, le segrinato qui lui donne cette texture presque veloutée au toucher. Des techniques transmises d'atelier en atelier, qui demandent des années avant qu'une main sache les reproduire sans trembler.

L'exposition n'a pas vocation à durer éternellement sous cette forme, mais l'ouverture de la boutique, elle, inscrit Florence un peu plus profondément dans la cartographie de la haute joaillerie italienne, aux côtés de Rome et de Milan. Pour les amateurs qui arpentent déjà les ruelles toscanes à la recherche d'artisanat rare, l'adresse via Tornabuoni promet de devenir un passage obligé, le genre d'étape qu'on ajoute discrètement à son itinéraire avant qu'elle ne figure dans tous les guides. Cette maison, qui a fondé son identité sur la patience du geste, trouve une forme d'évidence à choisir, pour se raconter, une ville où l'artisanat n'a jamais cessé d'être une langue vivante.

Reste à savoir combien de temps cette rétrospective tiendra son rang de secret bien gardé. Les maisons qui ouvrent leurs archives finissent rarement par les refermer tout à fait, et Florence, elle, sait depuis longtemps garder ses trésors sans jamais vraiment les cacher.

Photo : eye of einstein / Flickr (CC BY 2.0)

Partagez l'article

Recommandé pour vous

Découvrez les tendances ...

abonnement magazines
L'Édito
Créer un compte

En soumettant mes informations, j'accepte la Politique de confidentialité et Conditions d’utilisation.

Vous avez déjà un compte ?
L'Édito
Se connecter

En soumettant mes informations, j'accepte la Politique de confidentialité et Conditions d’utilisation.

Vous n’avez pas de compte ?