Jennifer Lawrence confie ses cheveux à un laboratoire de biologie synthétique
BEAUTÉ
L'Édito Magazine
Avec Mes°, Jennifer Lawrence fait entrer le soin capillaire dans l'ère de la biologie synthétique.
Une mèche de cheveux sous microscope, des protéines cultivées en laboratoire plutôt qu'extraites d'une plante, et au bout du compte un flacon qui ne ressemble à rien de ce qu'on trouve encore sur les étagères françaises. C'est le pari que vient de faire Jennifer Lawrence avec « Mes° », sa nouvelle marque de soin capillaire, développée aux côtés de la biotech beauty Arcaea.
L'actrice n'est pas la première célébrité à prêter son nom à une ligne de beauté, loin de là. Mais le terrain choisi change la donne. Jusqu'ici, les collaborations entre stars et biotechnologie se concentraient sur la peau, les sérums, les crèmes dites « de nouvelle génération ». Le cheveu, lui, restait un territoire plus classique, fait de kératine, d'huiles et de promesses de brillance. Avec « Mes° », on parle de produits « biodesignés », un terme qui déplace le soin capillaire du côté de l'ingénierie biologique plutôt que de la simple formulation cosmétique.
Arcaea, le partenaire scientifique du projet, n'est pas une maison de beauté au sens traditionnel. C'est une entreprise de biologie synthétique, de celles qui cultivent des molécules en laboratoire plutôt que de les puiser dans la nature. Associer ce savoir-faire à l'image d'une actrice oscarisée raconte quelque chose de l'époque : la science devient un argument de désir, presque un argument de mode. On n'achète plus seulement une texture ou un parfum, on achète une promesse de rupture technologique, incarnée par un visage familier.
Ce glissement, la France ne l'a pas encore vu arriver en rayon. Le marché hexagonal du haircare reste dominé par les codes du naturel, du végétal, de la « clean beauty » version terroir. L'arrivée d'une biotechnologie capillaire portée par une star américaine dessine une autre direction, plus proche de la deep tech que du jardin botanique. Reste à savoir si l'intérêt pour « Mes° » tiendra à la nouveauté du concept ou si la marque réussira à installer une vraie habitude de soin, loin de l'effet d'annonce.
C'est là, justement, que se joue l'avenir de ce genre de lancement. Les collaborations celebrity sont nombreuses, leur durée de vie souvent courte. Ce qui distingue potentiellement « Mes° », c'est l'ambition affichée de repenser la formulation elle-même, pas seulement l'emballage ou le discours marketing. Si les promesses scientifiques tiennent, la marque pourrait devancer de plusieurs saisons un mouvement que les laboratoires français commencent tout juste à explorer.
En attendant une éventuelle arrivée sur le marché local, difficile de juger sur pièce. Les flacons de « Mes° » n'ont pas encore traversé l'Atlantique, et l'essentiel de ce qu'on en sait tient aux annonces de lancement. Mais le signal est là, net : la beauté capillaire vient d'entrer dans son ère biotech, et Hollywood, une fois de plus, a ouvert la porte avant que le reste du monde ne s'en aperçoive.
Il faudra patienter pour sentir la texture entre les doigts. D'ici là, le concept suffit presque à faire rêver.
Photo : misteraitch / Flickr (CC BY 2.0)