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À Sydney, les voiles de l'Opéra ont porté la première signature de Blazy

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Les coques blanches de l'Opera House de Sydney, tendues comme des voiles prêtes à prendre le large, le port qui…

À Sydney, les voiles de l'Opéra ont porté la première signature de Blazy

Les coques blanches de l'Opera House de Sydney, tendues comme des voiles prêtes à prendre le large, le port qui scintille sous un soleil d'hémisphère sud. C'est dans ce décor que Chanel a choisi de poser son défilé Croisière 2026/27, et avec lui, la toute première collection signée Matthieu Blazy pour la Maison de la rue Cambon.

Le choix n'a rien d'anodin. Un premier défilé Croisière, dans la logique de toute Maison de luxe, se regarde toujours à deux niveaux : ce que montrent les silhouettes, et l'endroit où on les montre. Pour un directeur artistique qui prend la suite d'un héritage aussi lourd que celui de Chanel, le lieu parle avant même que la première robe n'apparaisse sur le podium. En délocalisant sa toute première Croisière en Australie, Blazy n'a pas simplement choisi une destination spectaculaire pour les photographes. Il a posé un geste. Celui d'un créateur qui regarde ailleurs, loin des rivages méditerranéens auxquels ce rendez-vous estival avait fini par s'identifier.

La presse généraliste disséquera, dans les jours qui suivent, chaque pièce du lookbook, chaque référence, chaque clin d'œil à l'histoire de la Maison. Ce n'est pas encore le sujet ici. Ce qui intéresse, à ce stade, c'est la grammaire du choix. Sydney n'est ni Capri, ni Dubaï, ni La Havane, les escales qui ont jalonné l'histoire des défilés Croisière de Chanel depuis Karl Lagerfeld. C'est une ville du bout du monde, austère dans son architecture, lumineuse dans son rapport à l'eau et au ciel, et qui n'a jamais appartenu au vocabulaire habituel du luxe parisien. En la choisissant, Blazy écrit une phrase avant même d'avoir dessiné une manche.

Quelque chose sonne juste, aussi, dans le fait que ce premier geste se joue sous le signe du voyage plutôt que de l'héritage direct. La Croisière, chez Chanel, a toujours été le format le plus libre du calendrier, celui où une Maison peut se permettre de sortir de ses propres codes sans jamais vraiment les trahir. En choisissant l'Australie, un continent que peu de Maisons françaises ont investi avec cette ambition, Blazy s'offre un terrain vierge de comparaisons immédiates. Personne, avant lui, n'a défilé à cet endroit précis pour cette Maison précise. L'histoire qu'il raconte commence donc littéralement sur une page blanche, posée au bord du Pacifique.

On ne sait pas encore, et il serait malhonnête de prétendre le contraire, ce que les tweeds et les finitions de cette collection diront de sa vision à long terme pour Chanel. Les analyses de matières, de coupes, de références viendront, minutieuses, dans les semaines qui suivent. Mais une forme d'élégance se dessine à lire un créateur avant qu'il ne parle, simplement à travers l'endroit qu'il a choisi pour se faire entendre. Sydney, ses voiles de béton et son eau couleur de jade, aura été la première phrase d'un vocabulaire que Chanel commence tout juste à apprendre.

Photo : Chanel

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