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The Attico, dix ans d'une féminité qui ne s'excuse jamais

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Dix ans après sa création, The Attico impose à Milan une féminité libre, sans permission ni compromis.

The Attico, dix ans d'une féminité qui ne s'excuse jamais

Une salle à Milan, la lumière rasante qui tombe sur le podium, et cette tension particulière qui précède les collections dont on sait déjà qu'elles vont faire parler. C'est dans ce climat que The Attico a présenté, pour ses dix ans, un défilé pensé comme un décryptage de la féminité contemporaine, dans toutes ses tonalités, de la plus douce à la plus frontale.

Fondée dix ans auparavant, la maison italienne s'est construite une identité reconnaissable entre mille : des pièces qui jouent avec le corps sans jamais le corseter, une allure entre soirée et désinvolture, une élégance qui refuse de se ranger derrière les codes trop sages du glamour transalpin. Pour cet anniversaire, la marque n'a pas cherché à rejouer une rétrospective nostalgique. Elle a préféré interroger ce qu'elle représente aujourd'hui, en 2026, quand la mode milanaise semble à nouveau se demander ce que signifie être désirable sans être réduite au regard des autres.

Le défilé a exploré cette question à travers des silhouettes multiples, tantôt sensuelles, tantôt presque austères, comme si la maison voulait démontrer qu'une seule idée de femme ne suffit plus, et n'a d'ailleurs jamais suffi. Une féminité libre, au sens où elle circule d'un registre à l'autre sans demander de permission. Une féminité provocante, non pas dans l'exhibition gratuite, mais dans ce refus tranquille de choisir un camp.

Ce moment de la Fashion Week milanaise a rapidement été identifié comme l'un des temps forts de la saison. Vogue France et WWD l'ont confirmé quasiment simultanément, un signal qui ne trompe pas dans un écosystème où les rédactions internationales ne s'accordent pas si souvent sur ce qui mérite d'être retenu. Cette double reconnaissance dit quelque chose de plus large : dix ans après sa création, The Attico n'est plus une maison émergente qu'on découvre avec curiosité, elle appartient désormais au cercle restreint de celles qu'on regarde en premier, avant même que la saison ne soit terminée.

Cette trajectoire recèle quelque chose d'assez rare pour être noté. Beaucoup de marques nées dans les années 2010 ont soit disparu, soit dilué leur identité pour plaire davantage. The Attico a fait l'inverse : elle a affiné son propos jusqu'à devenir une signature immédiatement identifiable, celle d'un vestiaire qui assume le corps féminin comme un territoire de liberté plutôt que comme un problème à résoudre. Dix ans de collections construites autour de cette conviction simple, et pourtant encore régulièrement contestée ailleurs dans l'industrie.

Reste une question, presque plus intéressante que le bilan lui même : quelle direction prendra la maison pour sa deuxième décennie, maintenant que Milan la regarde comme une référence et non plus comme une promesse. La féminité qu'elle a défendue ce soir là, entre pudeur retenue et éclats presque insolents, semble ouvrir plus de portes qu'elle n'en referme. Et c'est peut être là, dans cette ambiguïté assumée, que réside la vraie modernité de The Attico.

Photo : © The Impression

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