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Séoul s'installe à la Villette pour une nuit, et la jauge se referme vite

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Entre stands beauté et dancefloor nocturne, Paris s'offre une nuit entière aux couleurs de Séoul.

Séoul s'installe à la Villette pour une nuit, et la jauge se referme vite

Le 10 octobre, quelque part entre un stand de masques en tissu et une enceinte qui commence déjà à chauffer, Paris va sentir un peu moins parisien. Boom Boom Villette ouvre ses portes dès 14h à un festival gratuit baptisé La Corée en Fête, marché coréen le jour, clubbing K-pop la nuit, et la promesse d'une capacité limitée qui donne à l'événement des airs de dernier carré avant complet.

L'idée n'est pas neuve, la scène coréenne infuse la mode et la beauté depuis des années, des laboratoires de Séoul aux podiums qui empruntent ses codes de skincare et ses palettes de couleurs. Mais rarement un rendez-vous parisien aura tenté de rassembler en un seul lieu et une seule journée le marché, la danse et la nuit. Ici, pas de vitrine figée : dès l'après-midi, des stands de K-beauty côtoient les goodies K-pop, entre packagings soignés et objets de fan qui se collectionnent comme des trophées. On y vient pour toucher, sentir, comparer les textures, avant de repartir vers une piste de danse improvisée.

Car le programme ne s'arrête pas au shopping. Des cours de danse sont prévus pour ceux qui veulent apprendre les chorégraphies avant de les rejouer, et le Random Play Dance viendra transformer la foule en mémoire collective : une chanson démarre, les corps qui connaissent les pas se lancent, les autres suivent ou regardent, hilares. Le karaoké géant prend le relais un peu plus tard, moment où la timidité tombe généralement plus vite que prévu. Puis, jusqu'à 2h du matin, le clubbing K-pop referme la journée sur un mode plus nocturne, plus sombre aussi, où les basses remplacent les conversations.

Ce qui rend l'événement intéressant du point de vue éditorial tient moins à sa nouveauté qu'à sa structure : un seul lieu, une seule inscription, et une temporalité longue qui permet de vivre plusieurs Corées en une soirée, celle du soin de peau méticuleux et celle du dancefloor sans complexe. La culture coréenne contemporaine a cette capacité à ne jamais choisir entre discipline et excès, et Boom Boom Villette semble avoir compris qu'il fallait laisser les deux se répondre plutôt que de les séparer en deux événements distincts.

L'inscription est obligatoire, gratuite, et la jauge, elle, ne l'est pas. Les organisateurs ont annoncé une capacité limitée sans donner de chiffre précis, ce qui suffit généralement à faire grimper la demande plus vite que l'offre. Pour ceux qui suivent la vague K-culture depuis un moment, l'enjeu n'est plus de se demander si le rendez-vous vaut le déplacement, mais s'il restera encore une place quand ils s'en souviendront.

À la Villette, ce 10 octobre, il y aura sans doute des files d'attente devant les stands de cosmétiques, des groupes qui refont les pas d'une chorégraphie mémorisée sur YouTube, et vers minuit, une salle qui ne ressemblera plus vraiment à un marché. Passé 2h du matin, Paris retrouvera son accent habituel, celui qu'elle aura mis de côté le temps d'un après-midi et d'une nuit.

Photo : Ciaran O'Brien / Unsplash

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