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Le japonisme se cache dans une mairie du 7e, et il compte bien y rester discret

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À la mairie du 7e, le japonisme s'invite discrètement en bibliothèque, gratuitement, jusqu'au 26 novembre 2026.

Le japonisme se cache dans une mairie du 7e, et il compte bien y rester discret

Le silence d'une bibliothèque de mairie n'a rien à voir avec celui d'un musée. Ici, pas de gardien qui chuchote des consignes, pas de file qui s'étire sur le trottoir. Juste la lumière un peu froide des salles de lecture municipales, des étagères qui sentent le vieux papier, et depuis quelques semaines, un accrochage qui n'a manifestement pas prévu de faire de bruit.

La bibliothèque Saint Simon, nichée dans la mairie du 7e arrondissement, propose jusqu'au 26 novembre 2026 un nouvel accrochage consacré aux japonismes. L'endroit lui même mérite qu'on s'y arrête : on ne pense pas spontanément à une mairie d'arrondissement pour aller chercher une exposition, et c'est justement ce qui rend la proposition intéressante. Ni galerie tendance, ni institution muséale surchargée d'attentes, mais un lieu de passage, presque administratif, transformé pour quelques semaines en espace de contemplation.

Le mot japonisme, à lui seul, convoque tout un imaginaire : l'influence de l'estampe japonaise sur les peintres impressionnistes, la ligne épurée, le vide qui compose autant que le plein, cette manière très XIXe siècle qu'a eue l'Occident de tomber amoureux d'un Japon fantasmé autant qu'observé. On ne sait pas encore, faute de détails communiqués au delà de ce nouvel accrochage, quelle forme précise prendra cette rencontre entre les deux esthétiques dans les salles de Saint Simon. Ce qu'on sait, en revanche, c'est le tempo choisi : deux mois pleins, sans urgence, sans date limite qui pousse à s'y précipiter un dimanche après midi entre deux courses.

Et surtout, l'entrée est gratuite. Un détail qui change tout dans une ville où la moindre exposition d'ampleur affiche vite un tarif à deux chiffres. Une bibliothèque de mairie n'a pas de billetterie à rentabiliser, pas de boutique de souvenirs à la sortie, pas de partenariat à honorer. Elle peut se permettre d'accrocher des œuvres pour le seul plaisir de les montrer, et c'est une liberté qui se ressent dans l'atmosphère du lieu autant que dans le choix du sujet.

Imaginer un tel endroit rester confidentiel bien longtemps relève presque de l'anachronisme. Le 7e arrondissement regorge de curieux, de collectionneurs, de flâneurs qui aiment débusquer ce que Paris cache encore. Un accrochage gratuit, ouvert deux mois, sur un thème aussi photogénique que le japonisme (l'imaginaire qu'il convoque : papiers washi, estampes, motifs floraux, camaïeux de bleu et de rouge cinabre) a toutes les caractéristiques d'un futur repaire à comptes Instagram spécialisés en jolis coins de Paris. Pour l'instant, ce n'est pas encore le cas. Les salles restent celles d'une bibliothèque de quartier, fréquentées par des habitués qui viennent emprunter un roman et tombent, presque par hasard, sur une salle transformée.

Ça ne durera sans doute pas. Alors autant y aller maintenant, un mardi en sortant du travail ou un samedi matin avant que la queue ne s'installe, pendant que le lieu appartient encore à ceux qui savent qu'il est là.

Photo : © Alain Combier

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