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La Toussaint se maquille en fête mexicaine, au Jardin d'Acclimatation

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Des pétales d'œillets d'Inde couleur safran jonchent les allées, et déjà l'odeur du copal se mêle à celle des marrons…

La Toussaint se maquille en fête mexicaine, au Jardin d'Acclimatation

Des pétales d'œillets d'Inde couleur safran jonchent les allées, et déjà l'odeur du copal se mêle à celle des marrons grillés. Au Jardin d'Acclimatation, dans le bois de Boulogne, la Toussaint ne porte pas le deuil cette année. Elle porte des crânes peints, des guirlandes de papel picado qui claquent dans l'air frais d'octobre, et une musique qui vient de loin.

Jusqu'au 1er novembre, le parc familial se transforme en hommage au Día de los Muertos, cette fête mexicaine qui célèbre les disparus non pas dans le silence mais dans la couleur, le mouvement, la joie presque insolente d'être encore vivant pour en parler. On y croise des mariachis en costume brodé, guitares et trompettes à l'appui, qui traversent les allées comme s'ils cherchaient quelqu'un dans la foule des poussettes et des enfants grimés. Le soir venu, un bal de feu embrase le parc d'une lumière orangée, loin des illuminations habituelles de fin d'année, plus brute, plus rituelle.

Ce qui séduit ici, c'est le refus du compromis esthétique. Pas de citrouilles en plastique ni de toiles d'araignée synthétiques pour faire bonne mesure avec Halloween. Le Jardin d'Acclimatation a choisi un imaginaire précis, celui des autels fleuris, des offrandes de pain et de sucre, des squelettes qui dansent plutôt qu'ils ne terrifient. Une manière d'importer, le temps de quelques semaines, une tradition mexicaine qui transforme la mort en motif graphique et en prétexte à la fête, sans jamais la banaliser.

Pour les familles parisiennes qui cherchent une alternative à la citrouille obligatoire, l'adresse coche toutes les cases d'une sortie réussie avant les vacances scolaires. On y vient en fin d'après midi, quand la lumière décline et que les décors prennent une autre densité, presque théâtrale. Les enfants s'arrêtent devant les crânes en sucre peints à la main, demandent pourquoi on sourit aux morts dans ce pays lointain, et c'est peut être là que la sortie devient autre chose qu'une simple animation de saison : une porte d'entrée, légère et colorée, vers un rapport différent au souvenir.

Le parc garde par ailleurs son identité propre, ses attractions, son échelle pensée pour les plus jeunes, mais le thème mexicain vient tout recolorer, des stands aux costumes du personnel. On sent une volonté de cohérence plutôt qu'un simple habillage de façade, et c'est ce soin du détail qui distingue une programmation saisonnière réussie d'un décor posé à la hâte.

Il reste encore quelques semaines pour s'y perdre, entre deux averses d'automne, avant que novembre n'efface les guirlandes et ne referme l'autel. Les mariachis rangeront leurs instruments, le feu s'éteindra, et le bois de Boulogne retrouvera ses teintes habituelles. Mais pour l'instant, quelque part entre les arbres, des squelettes dansent encore, et personne ne semble pressé de les voir partir.

Photo : Sylvain Bachelot / Jardin d'Acclimatation

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