Six adresses, un compte à rebours, et puis plus rien
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L'Édito Magazine
Dix jours, six adresses d'exception, puis le silence : Paris Design Week referme déjà ses portes dorées.
La nef du Grand Palais s'est vidée un peu plus tôt chaque soir, les derniers jours. La lumière tombait à la même heure sur la même verrière, mais les gardiens regardaient leur montre différemment. Le samedi 19 septembre, Paris Design Week 2026 a refermé ses portes, et la ville, sans le crier, a tout rangé.
Dix jours durant, cinq cents participants répartis sur plus de trois cents adresses ont fait de Paris un atelier à ciel ouvert. Mais ce sont six lieux, surtout, qui ont donné le ton, chacun à sa manière. Le Grand Palais, d'abord, dont l'ampleur transformait n'importe quelle scénographie en événement presque liturgique. Le Bon Marché, où le design s'est infiltré entre les rayons, la marchandise et l'objet d'art se frôlant sans se confondre. La Maison Victor Hugo, place des Vosges, où des pièces contemporaines ont dialogué avec des boiseries et des lustres qui ont vu passer un siècle entier avant elles.
Les Galeries Lafayette, sous leur coupole de verre peint, ont prolongé cette tension entre commerce et création : la lumière colorée y tombait comme un filtre sur tout ce qui s'exposait dessous. La Caserne des Minimes, plus brute, plus austère, a imposé au contraire une esthétique de la retenue, les murs nus laissant l'objet seul juge de lui-même. Et puis cet hôtel particulier du Marais, dont l'adresse est restée presque confidentielle jusqu'au dernier moment, comme si le design, ici, préférait se mériter.
Ce qui rassemblait ces six lieux, au fond, c'était moins une thématique qu'une temporalité commune. Ils ont fermé dans les mêmes jours, comme si Paris avait décidé que la Design Week devait se terminer d'un seul geste. Aujourd'hui, les cimaises sont redevenues des murs, les vitrines du Bon Marché ont retrouvé leur vocation première, et la coupole des Galeries Lafayette n'éclaire plus que des sacs et des parfums.
C'est la loi du design contemporain : contrairement à la mode, il vit rarement de son exposition dans le temps long. Il se donne à voir, se laisse toucher parfois, puis disparaît dans des collections privées ou des ateliers. Ceux qui ont franchi ces seuils le savent. Pour les autres, rendez-vous en septembre prochain, et cette fois, avec un crayon à la main dès le premier jour.
Photo : © Audrey / Sortiraparis