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Cinq tables parisiennes qu'il faudra avoir essayées avant l'évidence

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Cinq ouvertures discrètes qui, de Trocadéro au 11e, redessinent déjà la carte des tables parisiennes à suivre.

Cinq tables parisiennes qu'il faudra avoir essayées avant l'évidence

Septembre à Paris se reconnaît à ça : les carnets de réservation se resserrent, les noms circulent en messages privés avant d'atterrir sur les réseaux, et la ville renouvelle ses adresses sans prévenir personne. Cette rentrée compte cinq adresses fraîchement ouvertes, et aucune n'a encore de réputation à défendre. C'est peut-être leur charme le plus sûr : on y entre encore sans savoir tout à fait ce qu'on va y trouver.

Dans le 16e, Rosie Jolie s'installe là où l'on n'attend pas forcément une table qui fasse parler d'elle, ce triangle sage entre Trocadéro et avenue Foch, plus habitué aux boutiques feutrées qu'aux ouvertures qui font le buzz. À quelques rues de là, dans le jardin du Shangri-La, Maison Roland choisit un décor que peu de restaurants parisiens peuvent revendiquer : une verdure privée, à l'abri du bruit de l'avenue d'Iéna, comme un jardin secret que l'hôtel aurait accepté de partager. L'adresse a cette élégance particulière des lieux qui n'ont rien à prouver parce que le cadre parle avant eux.

Dans le 8e, Clos joue une autre carte, plus urbaine, plus resserrée, celle des quartiers d'affaires qui se réinventent le soir venu. Le nom, court et net, laisse deviner une salle qui préfère la retenue à la démonstration, un genre de sobriété qui devient, ces derniers mois, la nouvelle signature du luxe parisien version restauration.

Plus à l'est, le 10e voit naître Niní, dans ce périmètre entre canal et grands boulevards qui n'en finit plus de changer de visage depuis quelques années, quartier de passage devenu quartier qu'on choisit. Et dans le 11e, Chez Clo referme la liste avec ce nom presque affectueux, qui sonne comme une adresse qu'on se refile entre habitués plutôt que comme une enseigne pensée pour la photo. Le 11e a cette habitude, depuis longtemps, d'accueillir les tables qui deviendront des rendez-vous avant même d'avoir eu le temps de devenir des institutions.

Cinq arrondissements, cinq façons différentes d'ouvrir une porte cette saison. Le 16e s'autorise une audace tranquille, le 8e mise sur l'épure, le 10e et le 11e continuent de prouver que l'est parisien a cessé d'attendre qu'on le découvre : il se contente d'être suivi. Reste le jardin du Shangri-La, à part, comme toujours, avec ce silence particulier des lieux qui n'ont jamais eu besoin de crier pour qu'on vienne.

Ce qui se joue, en réalité, tient moins à la nouveauté qu'à la vitesse à laquelle une table, encore anonyme un mardi de septembre, devient en quelques semaines un nom qu'on prononce sans avoir besoin d'expliquer où c'est. Autant réserver maintenant, pendant que le silence dure encore.

Photo : © PAM Studio / Shangri-La Paris

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